Billet #3 (Semaine 4)

Bernard Derôme affirme dans son texte: « La première fois que j’ai vu la télévision, […] on y montrait le couronnement de la reine Elisabeth II à Londres. À ce moment-là, j’étais loin de pouvoir comprendre toute la portée de ce premier grand événement mondial de la télévision. » […] Et vous? À quel souvenir associez-vous votre prise de conscience du caractère international (où « universel? ») des médias? La télévision, la radio, l’Internet?

Mon arrivée au Québec en 1998 signifiait pour moi la fin de mon monde. Quitter la France, pour un garçon de neuf ans, peut-être bien déchirant : au nom de quoi devais-je quitter mes amis, mes amours (…) et les lieux qui m’importaient ? Mais surtout : allais-je garder des liens avec ces gens et cette patrie qui était la mienne?

Même si je me suis évidemment adapté rapidement, j’ai toujours gardé des contacts avec les gens de ma famille. Et vous serez très surpris : c’est grâce au télécopieur (ou le fax) que j’ai gardé ces liens!

À l’époque, mon père avait pu dénicher un modem 56k… qui restait toutefois son outil de travail. Pas question d’y toucher. C’est donc par le fax que j’ai gardé contact avec bon nombre de cousins, de grands-parents et d’amis. La chose était fréquente à l’époque puisque tout le monde semblait posséder cette machine à la maison. Et tout semblait si rapide : insérer la lettre; composer le numéro; appuyer sur « start » et notre correspondant recevait le tout en quelques minutes.

J’ai encore des dossiers immenses de ces échanges écrits… le fax est donc pour moi, l’ancêtre du courriel!

D’ailleurs, et je termine là-dessus, le site Communautique.qc.ca parle du fax de façon intéressante (notamment la fin du paragraphe, en gras) :

« L’arrivée relativement récente des télécopieurs a amorcé un virage important dans notre façon d’utiliser les moyens de communication. La télécopie a contribué à réduire le temps de communication; il a transformé nos façons de travailler, il nous a permis d’être plus efficace dans nos actions et plus rapide dans la transmission des informations. L’utilisation des télécopies a réduit le temps de réaction aux informations transmises (comparativement à celui requis pour réagir aux documents transmis par la poste). Nous avons alors été entraînés dans une première spirale de vitesse» (Communautique, 2006)

Bibliographie

– Communautique Québec. 2006. Formations et ressources : la télématique. [En ligne] URL : http://www.communautique.qc.ca/formations-ressources/documentation-appoint/telematique.html. Consulté le 26 septembre 2012.

Billet #2 (Semaine 3)

Vous avez en tête des canulars semblables à ceux qui sont évoqués dans cette Feuille de route ? Le Web doit en regorger! Les canulars présentés vous inspirent une réflexion que vous voulez partager? Et si vous êtes perdu dans la vaste toile, il y a toujours ce guide dépanneur= http://www.perdu.com!!! Lol*!!! 

Lorsqu’on parle de canular, on sous-entend presque à chaque fois que la supercherie était évidente. En effet, c’est souvent un même ami qui se plaît à tester nos connaissances… et à endurcir notre méfiance !

Mais j’ai moi-même été la victime d’un canular des plus flagrants… aux informations télévisées. Ce passage est tiré des informations de France 2. Je vous laisse visionner :

Maintenant que vous avez bien ri, je ne vous surprendrai pas en vous révélant que ce « reportage » a été diffusé le 1er avril 2009. J’ai pourtant tout gobé ! Il faut dire que mes connaissances en environnement frisaient le néant à cette époque… mais tout de même : comment ai-je bien pu avaler ces salades ?

La réponse est simple : la télévision était, à mes yeux, source incontestable d’informations véridiques.

Cela nous amène ainsi à la véritable question : peut-on faire trop confiance à nos technologies de l’information ?

Dans un essai sur ce thème, Miquel Rodrigo Alsina suggère fortement que l’on enseigne dès le plus jeune âge à « lire les médias », afin de former le plus possible de « lecteurs sceptiques ».

Alsina décrit le lecteur sceptique comme « celui qui utilise les médias avec une mentalité différente. Il s’agit d’un lecteur qui sait pourquoi les médias disent ce qu’ils disent et qui comprend, d’ailleurs, que leurs assertions ne sont pas des vérités absolues. Je ne crois pas que le scepticisme soit contraire à la confiance, il s’oppose tout simplement à la confiance aveugle, acritique et claudicante. » (Alsina, 2003 : 337)

Je vous laisse donc sur ces réflexions savoureuses !

JW

Bibliographie :

Alsina, Miquel Rodrigo. 2003. Confiance dans l’information médiatique. [En ligne] URL : http://www.raco.cat/index.php/revistacidob/article/viewFile/28320/28154. Consulté le 21 septembre 2012.

Billet #1 (Semaine 1)

Selon vous, la télévision du début du XXIe siècle est-elle un médium chaud ou encore un médium froid comme le soulignait McLuhan en 1964? Rappelons que « …le fait de classer la télévision dans le camp des médiums froids ayant d’ailleurs incité certains auteurs à dire par boutade et en constatant la faible implication usuelle des téléspectateurs, « que [McLuhan] devait posséder un appareil de télévision défectueux » [comme le rappellent Ruth et Elihu Katz dans « D’où venait-il, où a-t-il disparu? »]. (Maigret, 2003: 103)

De nombreuses personnes se demandent en effet pourquoi Marshall McLuhan classe la télévision dans la catégorie des médiums dits « froids ». Revoyons la définition de ces médiums (ou « media »).

Les médiums « chauds » sont associés à l’hémisphère gauche du cerveau humain. Ils font notamment appel au sens de la vue et sont de haute définition, c’est-à-dire qu’ils livrent assez d’information pour ne demander que peu de participation de la part du public. L’hémisphère gauche englobe entre autres des aspects comme la parole, l’analytique, la mathématique… (Bibliothèque et Archives Canada, 2007)

Les médiums « froids » sont quant à eux associés à l’hémisphère droit. Ils font appel au sens de l’ouïe et livrent une information de basse définition, qui demandent une grande participation du public. L’émotionnel, le symbolique, l’acoustique sont liés à cet hémisphère. (Bibliothèque et Archives Canada, 2007)

Pourquoi alors McLuhan classe t-il la télévision dans la seconde catégorie ? Celle-ci semble plutôt faire appel au sens de la vue que de l’ouïe… À cette question, Bibliothèque et Archives Canada répond : « Afin de saisir la logique de la notion de média « chaud » ou « froid », on peut se rappeler que pour McLuhan, l’extension d’un sens au détriment des autres est un trait qui définit les médias chauds. » Ainsi, la télévision, faisant appel de manière égale au sens de la vue et de l’ouïe, est un média froid!

À mon sens,  la télévision reste toujours et encore un médium froid. En effet, même si les théories de McLuhan mériteraient probablement d’être retravaillées et adaptées aux réalités d’aujourd’hui, je pense que notre bonne vieille boîte à images nous demandera de plus en plus qu’on y participe. Cela est plus particulièrement vrai avec les technologies de l’information ; de nos jours, il devient de plus en plus crucial de filtrer l’information qu’on nous livre et de réfléchir en faisant la part des choses.

Par contre, quand la télévision devient un divertissement, comme lorsque l’on regarde un film, on pourrait plutôt parler de médium « chaud » : pas besoin de participation !

JW

Bibliographie :

Bibliothèque et Archives Canada. 2007. « Chaud » et  « Froid ». [En ligne] URL : http://www.collectionscanada.gc.ca/innis-mcluhan/030003-2050-f.html . Consulté le 9 septembre 2012

Technologies de l’information…

Bonjour, et bienvenue sur le blog de Julien Watine, étudiant au D.E.S.S. en Relations Publiques de l’Université Laval. Après un baccalauréat en études internationales et langues modernes (profil environnement), je découvre au second cycle le monde de la communication !

Seront présentés sur cette page quelques billets et essais, qui s’inscrivent tous dans le cours Communication et changements technologiques (COM-6032).

Voici d’emblée un essai sur la question suivante :

D’après vous, les technologies d’information sont-elles déterminantes dans le développement de nos sociétés?

Je vous propose d’abord de visionner ce court extrait qui introduira ma réponse :

Ce chercheur du groupe de recherche ETOS expose en de grandes lignes mon opinion : je crois fermement que les technologies de l’information sont déterminantes pour le développement de nos sociétés.

Avant d’aller de l’avant avec mes idées, revoyons les grandes théories portant sur le thème des relations entre technologies et sociétés.

La première grande théorie est celle du déterminisme technologique. Elle stipule que le monde technologique est autonome et influence de façon unidirectionnelle et radicale les interactions sociales et les individus. Ainsi, l’écriture, l’imprimerie et internet ont respectivement marqué des points tournants à leur apparition et ont façonné notre culture et notre conscience (Morisset-Fénery, 2003/2004 : 5).

Deux variantes de ce courant existent : le déterminisme brut – les technologies sont une condition à des changements sociétaux – et le déterminisme maîtrisable – les technologies sont parmi les facteurs qui transforment une société. Si le premier est aujourd’hui largement contesté, le deuxième semble plus acceptabe – c’est d’ailleurs celui qui correspond le mieux à mes idées.

Notons au passage une citation de Marshall McLuhan des plus intéressantes : « We shape our tools and they in turn shape us » (Morisset-Fénery, 2003/2004 : 8).

La deuxième théorie de ces relations est celle du constructivisme social. Sans être l’inverse exact de la première, la technologie est ici plutôt l’instrument des sociétés. Tandis que le déterminisme technologique réduit les individus à des êtres malléables, qui ne pensent ni ne protestent face au monde technique, le constructivisme fait prévaloir notre capacité à créer ces technologies, à les comprendre et à les modifier le cas échéant (Morisset-Fénery, 2003/2004 : 10). Les technologies sont créées car elles répondent à des besoins précis.

Entre ces deux grands pôles théoriques, on retrouve des approches préférant voir technologie et société comme faisant partie d’un même monde : les deux sont effectivement imbriqués l’un dans l’autre (Valenduc et Vendramin, 2005 : 3). Dans le cas des technologies de l’information, cela se traduirait par la création d’un média par la société – par exemple les informations télévisées – qui influence à son tour l’opinion publique.

Si cette dernière approche semble la plus raisonnable, je continue de penser qu’il est possible que la société perde littéralement le contrôle de ses technologies. C’est notamment vrai en ce qui a trait aux TIC. Facebook a certes été inventé et est toujours contrôlé par des humains, mais ses conséquences sur nos vies et notre conception du monde sont si importantes qu’il semble impossible de penser qu’il s’agisse ici d’un cercle vertueux. Les journaux nous bombardent également de sondages – il suffit de penser aux récentes élections au Québec – afin de nous « informer de la manière la plus objective possible ». Mais ces sondages ne nous influencent-ils pas à leur tour?

Ainsi, il est clair qu’aucune théorie ne peut-être entièrement vraie. Les variables sociétales varient tant selon les contextes géographique et culturels qu’aucune influence ne peut réellement être unilatérale. J’ai toutefois exprimé ma préférence pour un système dans lequel un certain déterminisme technologique prévaut.

Merci de votre lecture,

Julien Watine

Bibiliographie (toutes les idées énoncées dans le précédent texte qui ne sont pas exprimées à la première personne proviennent des dossiers suivants) :

M.Morisset-Fénery, F. Skalli, K. Zarrouck. 2003/2004. Portées et limites du déterminisme technologique. [En ligne] URL : http://dea128fc.free.fr/CoursA/A2-ManagementChangement&TIC/expo/matilde/DEA128FC_d%E9terminisme_technologique.pdf . Consulté le 9 septembre 2012.

Valenduc Gérard et Vendramin Patricia (Centre de recherches Travail et Technologies). 2005. Technologie et société, destin croisés. La lettre EMERIT : Expériences de Médiation et d’Évaluation dans la Recherche et l’Innovation Technologique, Numéro 42. [En ligne] URL : http://www.ftu-namur.org/fichiers/Emerit42.pdf . Consulté le 9 septembre 2012.